Le Magicien d’Oz, un classique encore d’actualité

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Poster du film Le Magicien D’Oz, Source : https://commons.wikimedia.org/wiki/File:Wizard_of_oz_movie_poster.jpg

L’adaptation cinématographique du livre de Lyman Frank Baum : Le Magicien d’Oz fêtera ses 80 ans l’année prochaine. En attendant de célébrer cet anniversaire, retour dans l’Amérique de l’année 1939, pour un voyage au pays d’Oz. Découvrez ou redécouvrez le dixième meilleur film américain de tous les temps et le premier conte américain destiné aux enfants. Celui-ci continue de faire parler de lui, avec les années, par l’intermédiaire de nombreuses références populaires dans le monde entier.

 

 

Une adaptation haute en couleur

Un petit rappel de l’histoire pour commencer, le film nous présente les aventures de la célèbre actrice Judy Garland dans le rôle de Dorothy Gale, une jeune orpheline élevée par son oncle, et sa tante dans une ferme du Kansas. La vie suit son cours jusqu’à ce que l’instructrice du village, Almira Gulch, vienne s’emparer de Toto, le chien de l’héroïne.

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Dorothy et son chien Toto, source : https://upload.wikimedia.org/wikipedia/commons/d/d6/The_Wizard_of_Oz_Judy_Garland_Terry_1939.jpg

Toto réussit à s’échapper pour rejoindre Dorothy, qui décide de s’enfuir avec lui. Sur le chemin, une tornade se forme, elle se réfugie alors dans la ferme familiale. Dorothy s’enferme dans sa chambre pour se protéger, mais en vain. La maison est emportée par la tornade et finit par atterrir à Munchkindland, au pays d’Oz. Le voyage d’un monde à l’autre est marqué par le passage du noir et blanc en technicolor. Il faut également noter que les chaussures de Dorothy, en argent dans le livre, ont été remplacées par du rubis dans le film pour accentuer leur couleur. 

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La méchante sorcière tente de voler les souliers en rubis portées par Dorothy, source : https://www.flickr.com/photos/tom-margie/3087828133/

Pour rentrer au Kansas, elle décide de faire appel à l’énigmatique magicien d’Oz, qui gouverne par ailleurs ce pays. Suivie de loin par deux sorcières, l’une représentant le Bien, l’autre, le Mal. Sur son chemin, elle rencontre trois personnages : un épouvantail à la recherche d’un cerveau, un homme de fer blanc qui, lui recherche un cœur, et enfin un lion sans courage qui deviennent ses compagnons de route. 

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Dorothy et ses compagnons devant le château du magicien d’Oz, source : https://www.flickr.com/photos/tom-margie/3088211926

Le voyage ne se déroulera pas sans encombre, mais Dorothy parviendra finalement à rentrer chez elle. Ses compagnons seront convaincus par ailleurs que leurs problèmes sont résolus après que le magicien aura admis être un imposteur. Dorothy rentre chez elle et se réveille au Kansas, toute l’histoire n’était alors qu’un rêve.

Voir la bande annonce du film

Après plus d’un an de tournage, cinq réalisateurs et quatorze scénaristes, le film est enfin présenté au public. Victor Fleming est alors le réalisateur final de ce classique hollywoodien. Le passage d’autant de scénaristes dans la rédaction du scénario est un avantage. Bien que le plus couteux pour la production Metro-Goldwyn-Mayer, Le magicien d’oz a largement été récompensé en retour : depuis 1989, il figure notamment au National Film Registry. Sa chanson Over the Rainbow est première au classement des plus grandes chansons du cinéma américain.

Un film marqué par la politique étrangère de l’époque            

Plusieurs interprétations du film ont été avancées, mais celle de Christian Caryll a particulièrement retenu mon attention. Le rédacteur en chef de Democracy Lab met alors en lien l’adaptation cinématographique avec le contexte post-seconde guerre mondiale. Le film a été tourné à partir d’octobre 1938, lors de la crise des Sudètes jusqu’en février 1939, au moment où la Seconde Guerre mondiale semblait inévitable.

Les Etats-U-U-nis entretiennent alors une politique isolationniste avec le reste du monde et gardent leur distance face aux conflits européens. L’Europe centrale et le Pays d’Oz sont alors deux cadres situés à une distance importante du pays.  S’ajoute à cela l’omniprésence du rôle de la sorcière dans le film par rapport au livre, tension supplémentaire dans l’adaptation. Sa correspondance avec les clichés d’une méchante sorcière permettent de simplement l’identifier comme étant le Mal. Il est ensuite possible d’identifier son armée d’automates marchant au pas à l’organisation de l’armée nazie. Ensuite, lorsque Dorothy découvre que le magicien n’a pas le courage de voler lui-même le balai de la sorcière, elle ne perd pas son sang-froid et décide de s’en charger elle-même.  Selon Christian Caryll, le magicien est une transposition de ce que pensent les américains à propos des britanniques à ce moment.

La morale de l’histoire est quant à elle plus accessible, sans rapport avec le contexte politique de l’époque. Elle souhaite faire réaliser que la magie est en chacun de nous et que nos amis nous aident à le réaliser. D’ailleurs, après la découverte du royaume, bien qu’heureuse, Dorothy se rend compte que rien ne vaut un retour à la maison. Nous pourrions rapprocher cette morale du « mieux chez soi » à des romans plus classiques tels que L’Odyssée d’Homère ou Candide de Voltaire, où, après un voyage initiatique, le personnage est finalement heureux de rentrer chez lui.  

La réutilisation du film au XXIe

Le film continu d’être apprécié par toutes les générations mais plusieurs références et hommages ont également fait parlé d’eux. Les plus récents sont les suivants :

Un autre film à succès

Le film « Le monde fantastique d’Oz » est sorti en 2013, celui-ci retrace l’arrivée du magicien d’Oz dans le pays fantastique. Il s’agit des prémices du film datant de 1939. Le casting de rêve composé de James Franco, Mila Kunis, Michelle Williams et Rachel Wiesz n’a pas suffi pour convaincre son auditoire.  La presse « Libération »  évoque « au terme de deux longues heures d’effets spéciaux plus ou moins spectaculaires, le film retombe à peu près sur ses pattes, mais (…) parvient rarement à s’affranchir de son écrasant modèle ». Les effets spéciaux ne peuvent remplacer un classique mondial. Voir la bande annonce du film

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Logo du film «  Le monde fantastique d’Oz » sorti en 2013, source : https://commons.wikimedia.org/wiki/File:Oz_the_Great_and_Powerful_Logo_Black.svg

Une réutilisation musicale

En 2017, le duo Parisien de musique électronique Polo & Pan a intégré la chanson « Dorothy » à son album Caravelle. Un véritable hommage au film de 1939, par le biais des paroles du film remixées avec un clip psychédélique, enfantin et coloré. Les artistes ont ajouté des extraits d’autres films pour créer une histoire de science-fiction dans le clip.  Avec plus de 2 millions de vues sur Youtube et des avis fortement positifs, l’hommage semble être validé, du moins en France. 

Voir le clip de Dorothy sur Youtube, source : https://www.youtube.com/watch?v=hVW63Z_8deE

Auteure : Alisson Lemière

Correctrice : Marjolaine Pereira