Le Massiac une maquette du Musée de la Compagnie des Indes

 

800px Musée de la Compagnie des Indes 2

Vedettes incontestables du Musée de la Compagnie des Indes, les maquettes sont mises à l’honneur.

Le Musée de la Compagnie des Indes, recèle une collection exceptionnelle de maquettes de bateaux. La plus imposante est celle du Massiac, elle mesure plus de trois mètres de long. Ce bateau tire son nom du secrétaire d’état de la Marine en 1758, Claude Louis d'Espinchal, dit marquis de Massiac. Ce navire représente la puissance et l’intelligence de la construction navale de la Compagnie Perpétuelle des Indes à Lorient au XVIIIème siècle.

La Maquette

Le Massiac est une flûte, c’est-à-dire un navire de charge inventé par les Hollandais au XVIème siècle. Très peu coûteux à produire, il est optimisé pour le transport commercial. C’est avec la construction de ce type de bateaux que l'essor du commerce maritime eut lieu à partir du XVIème siècle. La particularité des flûtes est d’être à la fois des navires de transport maritime mais aussi d’être construites pour une utilisation militaire. L’armement du navire n’est, en effet, pas négligeable pour les voyages dans les zones à risques comme la Méditerranée, les Antilles, et surtout dans l’Océan Indien contre les concurrents portugais et anglais. Il permet également la sécurité de ses précieux chargements.

Ce fameux bateau est un trois-mâts. Le Massiac possède un grand mât, un mât de misaine à l’avant et un mât d’artimon à l’arrière. De la proue à la poupe, ce sont ces trois mâts verticaux qui permettent de qualifier le gréement du navire. Cependant un quatrième mât est présent sur le navire, c’est le mât de beaupré à l'extrême avant, sur la proue ! Il permet d’augmenter la surface de voilure en allongeant le navire. De ce fait, il augmente sa prise au vent et donc sa vitesse.

 

Le Massiac est un navire de 900 tonneaux ! Le tonnage total représente le poids du matériel d’armement pouvant être transporté par le bateau. Ce poids comprenait l’artillerie, les munitions, les mâtures, les voiles, les équipages, les vivres et les marchandises! Ce bateau se trouve plutôt dans la moyenne haute de capacité des navires de la Compagnie, sachant que le tonnage peut aller de 100 jusqu’à 1600 tonneaux. 

“Mille Milliard de Mille Sabord”

Le Massiac en compte quarante-huit au total ! Les sabords sont les ouvertures dans le flanc du navire, par lesquelles passent les fûts de canons, les avirons ou simplement une prise d'air.

En bref le Massiac est un bateau robuste permettant un transport simple de marchandises et d’hommes.

 

La Construction Navale à Lorient

Ce bateau est construit en 1758 sous les plans d’Antoine Groignard, ingénieur et constructeur du Roi Louis XV et de la Compagnie des Indes. Sa spécialité est la construction de bâtiments, servant à la fois au combat et au commerce.

La même année cinq autres navires sont mis à l’eau à Lorient ! Cela montre la très grande production de la Compagnie.

En 1758, c’est la Compagnie Perpétuelle des Indes qui est en service à Lorient. Cette Compagnie est la seconde du nom fondée en 1719 par le banquier John Law en regroupant plusieurs autres Compagnie, notamment la Compagnie d’Occident, la Compagnie des Indes Orientales, du Sénégal, de Chine, de Barbarie et de la Mer du Sud.

Les voyages

Le Massiac est au service de la Compagnie Perpétuelle des Indes de 1759 à 1770. Durant ces onze années à Lorient, il effectue sept voyages soit en Inde, à l'Île de France ou en Chine. Chacun de ces voyages a pour but le transport de marchandises pour être vendues aux comptoirs de la Compagnie notamment celui de Lorient !

La vie à bord

La vie à bord était rude. Sur le Massiac, un équipage de cent cinquante hommes est nécessaire pour faire naviguer le bateau.

Pour le troisième voyage du Massiac jusqu’en Indes de 1762 à 1764, deux cent dix-huit personnes se trouvaient à bord dont cent soixante-huit membres d’équipage permettant les manœuvres portuaires, les manœuvres en mer et les manœuvres de combat. À cela s’ajoute huit passagers et quarante-deux soldats.

Mais de qui se compose l’équipage ?

  • -       le capitaine et les lieutenants,
  • -       les officiers mariniers,
  • -       les pilotes qui déterminent la route du navire,
  • -       les novices,
  • -       les matelots et mousses

Mais il y avait aussi :

  • -       un écrivain pour la gestion des vivres et des personnels,
  • -       trois chirurgiens,
  • -       un aumônier pour réaliser les services religieux
  • -       un maître d’hôtel,
  • -       un boulanger, un boucher et deux cuisiniers.

Les navires sont de véritables villages !

 

Le maquettisme

Le maquettisme naval est un art qui demande beaucoup de rigueur et d’ingéniosité. C'est Jean-Baptiste Colbert, le principal ministre de Louis XIV qui en 1678 décide de faire construire dans les arsenaux une représentation à l’échelle de chaque type de vaisseaux de la Flotte Royale.

« L'intention du roi est qu'il soit fait, en chaque arsenal, des modèles en petit d'un vaisseau […] et il faudra que ces modèles soient faits avec autant d'exactitude et de justesse qu'ils servent perpétuellement pour les mesures et les proportions à tous les vaisseaux qui seront construits dans l'avenir. »

Décret de Colbert, 31 octobre 1678

Jean Delouche

Trop peu connu à Lorient, c’est pourtant lui qui a réalisé la plus grande partie des maquettes qui sont présentées au Musée de la Compagnie des Indes! Il est un ancien commandant de la Marine Nationale, issu d’une longue lignée de marins bretons et il se passionne dès l’enfance pour les « bateaux à voile ».

 

Après une carrière bien remplie c’est durant sa retraite qu’il se consacre à sa passion, le modélisme et les aquarelles de marine. Il a réalisé de nombreux modèles de vaisseaux et d’installations portuaires dont la plus grande est le plan de l’enclos du port de Lorient! 

Le Musée de la Compagnie des Indes est le musée d’art et d’histoire de la ville de Lorient. Il se situe dans la citadelle Vauban de la ville de Port-Louis et fait face au Musée National de la Marine. Ce dernier possède également une grande collection de maquettes de bateaux et présente à travers une exposition permanente l’histoire du sauvetage en mer mais aussi l’épopée des routes maritimes de l’Extrême-Orient. Ces musées retracent à eux deux l’histoire maritime de la ville de Lorient et plus largement du Morbihan.

Auteure : Laëtitia de Filippis

 

Correctrices : Pauline Duclos, Justine Meignan, Rachel Sarrue

Enregistrer